On ne parle pas souvent de la santé mentale. C’est un sujet qui n’est pas beaucoup abordé à l’école et bien des parents ne sont pas renseignés sur les troubles mentaux. Cependant, la santé mentale touche les jeunes de très près : en Ontario, un jeune sur cinq âgé entre quatre et seize ans souffre d’une forme de maladie mentale.
Ces chiffres sont à peu près les mêmes partout au pays. Ainsi, la plupart d’entre nous connaissent quelqu’un qui en souffre, s’ils n’en sont pas atteints eux‑mêmes. Mais ce qui est inquiétant, c’est que seulement un enfant ou adolescent sur six souffrant de maladie mentale obtient de l’aide professionnelle au Canada (Association des psychiatres du Canada).
C’est pourquoi il est crucial que vous en sachiez davantage sur le sujet, les façons d’en reconnaître les signes et ce que vous pouvez faire pour aider les jeunes aux prises avec ces troubles. Et il est tout aussi important que vous nous transmettiez vos connaissances sur le sujet.
Types de maladies mentales
Il existe une multitude de maladies mentales, et les troubles de l’anxiété sont les maladies les plus courantes chez les enfants et les adolescents (Réseau Ado – Services en santé mentale). Les troubles de l’alimentation (surtout chez les adolescentes) et la dépression sont aussi assez fréquents. Si vous désirez obtenir plus d’information sur l’une ou l’autre de ces maladies, nous vous suggérons de vous adresser à votre médecin de famille. Vous pouvez également visiter la Zone d’info du site pour les jeunes choix.org, où vous trouverez des fiches de renseignements sur plusieurs maladies mentales.
Soyez attentif aux signes
Les signes de maladie mentale varient grandement selon la personne et la maladie. Vous pourriez observer les signes suivants chez votre enfant ou votre adolescent :
- Baisse marquée des résultats scolaires ou augmentation de l’absentéisme
- Consommation d’alcool ou de drogues
- Changement important de l’appétit et des habitudes de sommeil
- Nouveaux malaises physiques (maux de têtes, de ventre, etc.)
- Habitudes de violation agressive ou non agressive des droits d’autrui (contestation de l’autorité, école buissonnière, vols, vandalisme, etc.)
- Détachement des amis et de la famille et abandon des activités habituelles
- Dépression manifestée par une attitude et une humeur négatives sur une longue période et souvent accompagnée d’une perte de l’appétit, de troubles du sommeil et de pensées suicidaires
- Accès fréquents de colère et de rage
- Manque d’énergie et de concentration et signes d’ennui
- Perte d’intérêt pour ses activités préférées
- Négligence inhabituelle de son apparence physique
- Peur démesurée de l’obésité non fondée à en juger par le poids du jeune (symptôme d’un trouble de l’alimentation)
- Comportement dangereux, délinquant ou immoral hors de l’ordinaire
- Changement de personnalité notable
- Commentaires du genre « Je me sens pourri », « J’aimerais en finir une fois pour toutes » et « Bientôt, je ne serai plus un fardeau pour les autres »
Texte adapté de la fiche de renseignements sur la santé mentale du Réseau Ado – Services en santé mentale (en anglais seulement)
Comment parler de la santé mentale avec les jeunes
Souvent, les jeunes qui souffrent d’un trouble mental se sentent mal à l’aise d’en parler. Elle est encore un sujet tabou dans notre société et un énorme sentiment de honte y est associé. En fait, la crainte d’être jugé est l’un des plus gros obstacles au traitement.
Parlez de la santé mentale à votre enfant dès son jeune âge. Afin de vaincre le sentiment de honte entourant la maladie mentale, il est important d’en parler. Si vous nous en parlez dès notre enfance, nous en conclurons qu’il s’agit d’un sujet comme un autre. De plus, si vous nous parlez de certains signes propres aux maladies mentales, il nous sera plus facile de les détecter rapidement s’ils se présentent un jour. Bien des jeunes ne savent pas qu’ils souffrent d’une maladie qui se soigne, comme la dépression, parce qu’on ne les a jamais renseignés sur les symptômes associés à ce genre de trouble. Et des jeunes qui sont déprimés sans savoir qu’ils souffrent d’une maladie mentale peuvent voir leurs symptômes s’aggraver à un point tel qu’ils ne peuvent plus fonctionner. Si vous nous parlez des maladies mentales, nous serons plus en mesure d’en reconnaître les symptômes avant qu’il ne soit trop tard.
Renseignez-vous au sujet de la santé mentale. Renseignez-vous le plus possible sur les maladies mentales les plus courantes chez les enfants et adolescents. Plus vous en saurez sur le sujet, plus vous serez en mesure d’en déceler les symptômes chez votre enfant. Il arrive souvent que les jeunes malades ne se rendent pas compte de la gravité de leur état; en connaissant bien le sujet et en étant disposé à nous parler, vous pourrez influencer grandement le cours des choses si vous remarquez que notre santé mentale se détériore.
Brisons les mythes au sujet de la maladie mentale. De nombreux jeunes ne parlent pas de leur souffrance surtout parce que la société véhicule des préjugés négatifs sur les maladies mentales. Discutez de ces préjugés non fondés avec nous et insistez régulièrement sur l’importance de ne pas les nourrir. Voici quelques‑uns des principaux mythes au sujet de la maladie mentale :
Mythe : Les gens atteints d’une maladie mentale sont dangereux ou fous et doivent être enfermés.
Réalité : Les personnes qui souffrent de maladie mentale (comme la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression) ne sont pas plus dangereuses ou violentes que d’autres personnes. Elles sont souvent plus désorientées et craintives et sont aux prises avec une grande détresse.
Mythe : Les gens atteints d’une maladie mentale ne guérissent jamais.
Réalité : S’ils reçoivent les traitements appropriés, la plupart des gens qui souffrent d’une maladie mentale se rétablissent et mènent une vie longue et heureuse. Par exemple, entre 80 et 90 % des personnes déprimées répondent bien aux traitements et presque la totalité de ces personnes qui se font soigner voient au moins certains de leurs symptômes s’atténuer (Mood Disorders Association of Ontario – en anglais seulement).
Mythe : Les jeunes qui montrent des signes de maladie mentale ne font que passer par une étape normale de l’adolescence; ils finiront par surmonter cette mauvaise période par eux-mêmes.
Réalité : Les maladies mentales comportent souvent des facteurs biologiques qui sont hors de notre contrôle. Elle ne correspond pas seulement à une mauvaise période et ses symptômes ne font pas partie d’une étape normale de l’adolescence. Les jeunes qui présentent des symptômes de troubles mentaux ont besoin d’une aide professionnelle afin que leur symptômes soit contrôlés. En qualifiant la maladie d’« étape normale », on dénigre la souffrance de ces jeunes et on reporte le traitement, ce qui peut entraîner une aggravation des symptômes.
Mythe : Les gens qui s’infligent des blessures à eux-mêmes (p. ex. en se coupant ou en se brûlant) cherchent à attirer l’attention.
Réalité : Certaines personnes s’automutilent parce qu’elles se sentent submergées par les émotions ou tentent de surmonter une espèce d’engourdissement émotionnel. Ces personnes vivent un stress émotionnel d’une intensité telle que rien d’autre ne peut les ramener à la réalité.
Mythe : Les gens qui s’automutilent essaient de se suicider.
Réalité : Les personnes qui s’automutilent ne tentent pas de mettre fin à leurs jours, mais plutôt de rester en vie. L’automutilation est un moyen que prennent certains jeunes pour extérioriser les sentiments qui les submergent ou, à l’inverse, de se sortir d’un engourdissement émotionnel pour ressentir enfin quelque chose, ne serait-ce que de la douleur. Bien que l’automutilation puisse mener par inadvertance à la mort, ce n’est habituellement pas le but visé.
Mythe : Les gens qui tentent de se suicider veulent mourir.
Réalité : La plupart des gens qui font une tentative de suicide ne veulent pas nécessairement mourir; ils ne savent tout simplement pas comment arrêter de souffrir. Ils cherchent une façon de soulager leur détresse alors que rien d’autre n’a fonctionné auparavant.
Mythe : Le fait de parler du suicide avec une personne l’amènera à avoir des pensées suicidaires.
Réalité : Parler du suicide avec quelqu’un n’amènera pas cette personne à avoir des idées suicidaires. Si une personne montre des signes qui vous laissent croire qu’elle serait suicidaire, il est important de lui en parler et de l’aider à trouver de l’aide immédiatement. En parler est une façon d’explorer ce que l’autre ressent, et ce qui est dit pendant la discussion doit être pris au sérieux.
Comment aider les jeunes atteints de maladie mentale
Si un jeune est atteint de maladie mentale, il est important que vous en parliez avec lui. Plus important encore, vous devrez l’aider à trouver le traitement qui lui convient. Son médecin de famille sera en mesure de le guider vers les ressources appropriées, et le jeune aura besoin que vous l’encouragiez à se faire soigner. La plupart des gens aux prises avec une maladie mentale se rétablissent ou réussissent à gérer efficacement leurs symptômes, mais pour ce faire, ils doivent recevoir un traitement qui leur convienne. Nous hésitons souvent à nous faire soigner, car nous craignons que les autres ne le découvrent. C’est pourquoi nous avons besoin de votre soutien et que vous nous rassuriez sur le fait que nous ne sommes ni fous ni bizarres et que nous ne devons pas avoir honte de notre situation.
La plupart d’entre vous deviennent inquiets et énervés lorsqu’ils apprennent que leur jeune souffre d’une maladie mentale, car ils ne savent pas comment l’aider. Vous ne nous aidez pas en passant votre temps à tourner autour du pot comme si vous aviez peur de ne pas dire les bonnes choses. Nous traiter différemment nous laisse croire que nous sommes encore plus malades ou qu’il y a vraiment quelque chose qui cloche chez nous. Cependant, nous demander constamment si nous allons bien ne nous aide pas plus, car nous avons l’impression qu’il nous faut prétendre que tout va bien pour éviter que vous ne vous inquiétiez. Si vous voulez nous aider, dites-nous que vous êtes là pour nous si nous avons besoin de parler. Demandez-nous ce que vous pouvez faire pour nous aider à mieux nous sentir. Demandez-nous de temps à autre comment nous nous sentons, mais ne le faites pas trop souvent. Nous avons besoin d’espace pour pouvoir gérer nos émotions.
Il est normal que vous vous sentiez bouleversé, coupable ou en colère si vous apprenez que votre jeune est atteint d’une maladie mentale. Ces réactions sont prévisibles et compréhensibles, mais ne doivent pas nuire à votre relation avec lui. Tentez de ne pas vous sentir visé personnellement par son comportement : rappelez-vous que c’est souvent la maladie qui parle (Mood Disorders Association of Ontario – en anglais suelement).
Liens électroniques
Association des psychiatres du Canada : La jeunesse et les maladies mentales
Réseau Ado – Services en santé mentale
Mood Disorders Association of Ontario (en anglais seulement)
Youth Suicide Prevention Website (en anglais seulement)
mindyourmind.ca (en anglais seulement)
Dernière mise à jour: 07/05/2012